VantusRapport

Rapport d'expérience

Un réseau de caméras.
Un cambriolage.
Quatre maires.
Vantus.

De la remise en cohérence d'un réseau de caméras à la naissance d'un système d'information partagé entre communes, cette frise suit l'expérience que j'ai mené à Salernes et autour du projet Vantus.

Structure7 chapitres
Lecture10 min
IntroPoint de départ

Du réseau de caméras à Vantus

Il y a quelques mois, je suis arrivé à la mairie de Salernes avec un problème qui, sur le papier, semblait essentiellement informatique : remettre en cohérence le réseau de vidéoprotection de la commune.

SalernesVidéoprotectionNaissance de Vantus

Je repars aujourd'hui du Var avec une question beaucoup plus large : comment mieux faire circuler l'information opérationnelle entre les personnes qui assurent la sécurité d'un territoire ?

Chapitre 1Phase 1

Tout a commencé par des caméras

Mon stage à la mairie et à la Police municipale de Salernes devait initialement porter sur le réseau de vidéoprotection de la commune.

CamérasRéseauPolice municipale

En développant un système permettant d'identifier une panne via propagation d'ondes radio, j'ai commencé à passer beaucoup de temps avec les policiers municipaux.

Chapitre 2Phase 2

Premier prototype

Certaines remarques revenaient régulièrement et une en particulier : le temps que prennent les mains courantes.

Mains courantesSpeech-to-textValidation humaine

Une partie importante du travail du policier produit de l'information. Un événement observé, une personne rencontrée, un véhicule, un différend, une intervention, un comportement inhabituel. Cette information doit ensuite être retranscrite, ce qui prend du temps.

Je suis passionné d'informatique et nous sommes en plein dans l'ère de l'IA. Mon premier réflexe a donc été extrêmement simple : et si l'agent pouvait simplement raconter ce qu'il vient de voir et qu'une IA retranscrive proprement l'information ?

J'ai donc commencé à développer un prototype sur les téléphones de service. L'agent appuie sur un bouton et dicte son intervention. L'audio est traité par un système de speech-to-text, puis transformé en brouillon structuré de main courante.

La pipeline peut être résumé ainsi : Agent parle -> transcription -> structuration -> brouillon -> validation humaine.

Très vite, un détail s'est révélé essentiel : le contexte local. Un système de transcription ne connaît pas les noms des rues, les lieux-dits ou les noms propres d'un village du Haut-Var. J'ai donc enrichi le traitement avec des informations propres à Salernes.

L'objectif n'était pas seulement de mieux transcrire la voix, mais de produire un brouillon réellement adapté au terrain avant sa validation par l'agent.

Pour compléter l'application j'ai créé une webapp. De retour au poste, le logiciel permet aux agents de retrouver les informations enregistrées pendant leur vacation, de les relire, les compléter, les modifier si nécessaire, puis de les valider et les archiver proprement.

Et c'est à partir de là qu'un événement a complètement changé l'échelle du projet.

Chapitre 3Phase 3

Cambriolage : cinq minutes de route, deux systèmes d'information

Un cambriolage à Villecroze a rendu le problème très concret. Quatre individus étaient impliqués : deux ont été interceptés, tandis que les deux autres ont pris la fuite vers Salernes.

CambriolageTemps réelFrontière communale

Le lendemain, les images de vidéoprotection ont confirmé que leur véhicule avait bien traversé la commune. L'information existait, mais elle avait circulé trop tard. Transmise en temps réel, elle aurait pu permettre aux agents de Salernes d'anticiper leur passage.

Pour un délinquant, une frontière communale n'a presque aucune importance. Pour nos systèmes d'information, elle en a encore énormément.

Le problème devenait alors évident : les événements sont territoriaux ; les bases de données restent communales.

Chapitre 4Phase 4

Du prototype local à une question intercommunale

Lorsque j'ai proposé au maire de Salernes de relier les communes autour d'un même système d'information, les choses se sont accélérées très vite.

4 mairesCommunes signéesTerrain réel

Quelques jours plus tard, je présentais Vantus à quatre maires, plusieurs élus et responsables de police municipale.

Salernes, Villecroze et Aups ont signé. Régusse a souhaité rejoindre la démarche, et la gendarmerie a également montré son intérêt.

Mais le plus précieux était ailleurs : Vantus avait enfin un terrain réel pour être testé.

Chapitre 5Phase 5

Faire circuler l'information, sans ajouter de friction

Vantus devait désormais faire plus qu'enregistrer l'information : il fallait la faire circuler.

SignalementAlerte voisineUne pression

Depuis leur téléphone de service, les agents peuvent créer un signalement, ajouter une photo ou une description, puis alerter immédiatement les communes voisines concernées.

Mais sur le terrain, une bonne fonctionnalité ne suffit pas. Si l'outil demande trop de manipulations, il ne sera pas utilisé.

Nous avons donc équipé les agents de smartphones plus robustes, avec un bouton physique programmable donnant accès directement à Vantus. Une pression suffit.

L'objectif est simple : faire du téléphone un véritable outil opérationnel, disponible immédiatement quand l'information doit circuler.

Chapitre 6Phase 6

De Salernes à l'extérieur du Var

En partageant progressivement l'expérimentation sur LinkedIn, Vantus a commencé à sortir du cadre des communes provençales.

VivaTechOntarioAu-delà du village

Le projet m'a notamment conduit à présenter la démarche lors d'une interview à VivaTech, à Paris, au milieu d'acteurs de la technologie et de l'innovation bien éloignés de mon terrain de départ.

Plus inattendu encore, j'ai été contacté par des représentants de la ville d'Ontario, intéressés par cette approche du partage d'information entre collectivités.

Quelques semaines plus tôt, Vantus n'était encore qu'un prototype testé à Salernes. Il commençait désormais à susciter des conversations bien au-delà du village.

Chapitre 7Phase 7

Opportunité de marché

Cet été m'a convaincu d'une chose : le décalage entre ce que la technologie permet et ce qui est réellement utilisé sur le terrain reste immense.

MarchéTemps au terrainMémoire du territoire

Le but n'est pas de mettre de « l'IA » partout comme on a tendance à le faire mais plutôt de réduire l'administratif, mieux structurer l'information et rendre du temps au terrain.

À terme, une main courante, un crime, un lieu ou un signalement ne devraient plus rester isolés. Ensemble, ils peuvent former une mémoire opérationnelle du territoire : comprendre qu'un véhicule aperçu aujourd'hui à Aups peut être lié à un événement signalé hier à Salernes.

Conclusion générale et remerciements

Je repars donc surtout reconnaissant envers la mairie et la Police municipale de Salernes, Stéphane Anselme mon tuteur, ainsi que les policiers, agents et élus de Villecroze, Aups et Régusse qui ont accepté de consacrer du temps à un étudiant avec beaucoup de questions et quelques idées encore imparfaites.

Je suis arrivé à Salernes avec un ordinateur et un problème de caméras. J'en repars avec un projet, beaucoup plus de questions qu'au départ, et surtout quelque chose qu'aucun cours ne peut vraiment reproduire : la réalité du terrain.

La meilleure technologie du monde ne sert à rien si personne ne l'utilise.

LettreLettre de recommandation parlant de Vantus